Michel Jasinski est graveur de formation. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, il est professeur de gravure et participe à de nombreuses expositions. Il a dessiné pour L’Express, Le Figaro, Le Point et Témoignage chrétien. Michel Jasinski est le dessinateur éditorialiste de la revue Votre santé depuis plus de quinze ans. A partir de 1975, il a travaillé avec Pierre Jean sur le thème “Expression d’amour”, puis une dizaine d’années encore sur la problématique de la “Violence d’amour”. Depuis 1989, Jasinski et Jean s’interrogent sur l’idée que nous vivons pour la rencontre. Jasinski dessine essentiellement le visage de l’être humain. Il le représente libre, libéré des contraintes de l’espace, du temps et du mal, libéré des modèles, des modules, des modes, du conformisme et de l’embrigadement. C’est l’expression de l’identité de l’homme, de sa différence, source de richesse et d’énergie. C’est la vision du monde actuel où chacun, dans la perfection de son unité, est le complément indispensable de l’autre et de l’univers tout entier. Il reste à chacun de nous à dévoiler ses talents et à reconnaître les talents de l’autre. Cette transfiguration réciproque peut se produire dans la rencontre. Actuellement, Jean et Jasinski poursuivent leur recherche sur le thème “Rencontre et transfiguration”.
En ce qui concerne la représentation de la beauté, Jean et Jasinski sont en opposition frontale avec les critères actuels. Pour eux, la beauté ne répond à aucun critère objectif. Elle serait plutôt l'expression d'une certaine vérité. Dans leur vision, tout ce qui est vrai est beau. La laideur serait l'expression du mensonge, de la séduction, de la haine. Il est des corps et des visages d'êtres déformés par les accidents de la vie qui sont, néanmoins, resplendissants de beauté. Ils considèrent que nous sommes constamment agressés par les images (TV, presse, affiches) de ces corps de femmes et d'hommes "retouchés Photoshop", huilés et peinturlurés, qui sont une illusion trompeuse et qui constituent une insulte à notre véritable beauté à chacun d'entre nous.
La pseudo-réalité d’un monde parfait, où tout est propre et aseptisé, est réservée à peine 10 % de la population mondiale. Pour les 90 % restant, la vie est faite de privations, de souffrances et d’humiliations permanentes. C’est cette réalité que Jean et Jasinski ont choisi de vous montrer, non pas par bonté d’âme mais parce qu’ils sont profondément intéressés. Ils souhaitent que cette souffrance, cette maladie et ce mal disparaissent. Ils sont persuadés que nous guérirons ensemble. Tant qu’un seul habitant de cette planète Terre sera dans la détresse, nous serons malades ! Il est impossible de guérir tout seul, dans son coin. Chacun a le droit à la paix, à la subsistance et à la reconnaissance de son talent. Ce qu’ils croient être une vérité, leur vérité, ils l’expriment par le dessin et la gravure, en prenant appui sur les événements qui jalonnent l’actualité, en essayant de percer le mystère de ce triple enfermement : espace-temps-mal. S’il est vrai que nous resterons localisés dans un espace, limités dans le temps et toujours tributaires de la maladie et de la mort, dans ce cas, il faut vite partir à la plage, même en marchant sur des cadavres. Mais, si la vie est autre chose, si elle est aussi la possibilité de se libérer de ses contraintes pour vivre toujours, aller partout et sans souffrances, alors, ils le font savoir. C’est bien leur mission personnelle et c’est aussi le rôle de la presse, où ils sont partie prenante, au quotidien. Jean et Jasinski se considèrent comme des coursiers de l’information.
Pour nos deux compères, le dessin est le premier média.
Les paléontologues estiment que les premiers dessins, retrouvés dans la grotte Cosquer, dans les calanques de Marseille au cap Morgiou, dateraient de 28 000 ans avant notre ère (les dessins de Lascaux dateraient de - 15 000 avant J.-C., ceux d’Altimara de - 12 000). L’écriture serait apparue 22 000 ans plus tard avec les premiers idéogrammes chinois composant l’une des trois écritures idéographiques de l’histoire de l’humanité avec l’écriture sumérienne et l’écriture égyptienne. C’est dire si le dessin est un moyen de communiquer totalement intégré au fonctionnement de l’esprit des êtres humains. C’est normal puisqu’en une fraction de seconde, on peut en échanger autant, si ce n’est plus, qu’avec des milliers de mots. Des idées inexprimables par d’autres moyens de communication deviennent souvent limpides par quelques traits habilement tracés. Le dessin a aussi l’avantage de condenser à l’extrême des concepts difficilement compréhensibles à l’écrit et même oralement. Mais son principal intérêt est d’exprimer l’inexprimable. C’est un révélateur des secrets de la vie. Il permet de proposer des réponses à nos questions existentielles en évitant les difficultés de la langue, quelles qu’elles soient. De plus, il est hors de l’espace et du temps. Par le dessin, on communique à la vitesse de la lumière. On peut comprendre, trouver, découvrir, en une fraction de seconde, et surtout obtenir des éclaircissements, des réponses à des questions non résolues, souvent depuis longtemps.
Le dessin peut être le meilleur remède contre l’obscurantisme, l’intolérance et l’exclusion. Il procure la force de résister à la tentation de la haine, le courage du geste fraternel et le pouvoir d’aimer.
Au fait, les dessins de Jasinski, pourquoi sont-ils si différents ?
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